spécifique d’allergènes

5 Immunothérapie spécifique d’allergènes




L’immunothérapie spécifique, également appelée hyposensibilisation, désensibilisation, immunothérapie spécifique d’allergènes ou plus récemment, vaccination anti-allergènes, vise à administrer à un chien allergique les substances auxquelles il est sensibilisé, en utilisant des posologies progressivement croissantes, pendant plusieurs mois, afin de réduire la réponse clinique aux allergènes spécifiques.


Il s’agit d’une technique utilisée depuis des décennies chez l’homme pour traiter les troubles respiratoires d’origine allergique ou les allergies aux venins d’hyménoptères. L’immunothérapie est utilisée depuis plus de 20 ans en dermato-allergologie canine. Il s’agit, avec l’éviction allergénique, du seul traitement étiologique des maladies allergiques.




Réalisation pratique




Sélection des allergènes


Des études récentes montrent qu’une immunothérapie spécifique basée sur les résultats des intradermoréactions est plus efficace qu’une immunothérapie « standard » effectuée au hasard. Il semble donc crucial de sélectionner attentivement les allergènes en cause avant d’entreprendre ce traitement au long cours. Ceci justifie la réalisation d’examens allergologiques.


Une autre étude a également montré que le succès de l’immunothérapie est plus grand si l’on confronte pour la sélection allergénique, les résultats des examens in vitro et des tests in vivo. Ceci est difficilement réalisable en pratique. Il faut donc se contenter de corréler le résultat des examens allergologiques avec l’enquête allergologique. Il n’est pas indiqué par exemple de désensibiliser à l’ambroisie un chien vivant dans le Nord de la France puisque ce pollen n’y existe pas. En pratique. Il semble judicieux de ne retenir que les allergènes présents dans l’environnement, tant pour la réalisation des tests que pour la mise en place de l’immunothérapie.


Lors de l’utilisation de tests in vitro (dosages d’IgE spécifiques), il est important de s’assurer du sérieux et de l’honnêteté du laboratoire de biologie réalisant les analyses. En particulier, les sensibilité et spécificité doivent être connues (des études ont montré dans certains cas, une sensibilité de 100 % mais une spécificité de 0 %, ce qui correspond à des résultats systématiquement positifs sans corrélation avec la clinique…).


En pratique, la prépondérance des sensibilisations aux acariens des poussières en Europe explique que la plupart des immunothérapies spécifiques utilisent ce type de mélange allergénique.


Il est souhaitable de ne pas mélanger dans le même flacon des extraits de moisissures avec des pollens (dégradation des protéines par les protéases des extraits de moisissures et perte de l’activité biologique).




Protocoles


Il existe plusieurs protocoles, utilisant soit des préparations aqueuses, soit des préparations adjuvées (sur hydroxyde d’alumine ou phosphate de calcium).


Le principe est le même dans les deux cas : injections à doses progressivement croissantes et progressivement espacées de(s) l’allergène(s). En Europe, les désensibilisations adjuvées sont les plus utilisées, au contraire de l’Amérique du Nord.


La phase d’attaque dure environ 4 mois. Les posologies d’entretien (en général 1 mL) sont ensuite injectées tous les mois (ou plus souvent en fonction de la réponse de l’animal). Le tableau 5.2 donne un exemple de protocole classique d’immunothérapie utilisant des extraits adjuvés.


Tableau 5.2 Protocole de vaccination anti-allergène « classique » avec des extraits adjuvés (hydroxyde d’alumine ou phosphate de calcium)













































Semaine Quantité injectée
1 0,02 mL
2 0,05 mL
3 0,1 mL
5 0,2 mL
7 0,4 mL
9 0,8 mL
12 1 mL
15 1 mL
19 1 mL
23 1 mL
27 1 mL
31 1 mL
Tous les mois 1 mL

Un nouveau protocole sans phase d’attaque est décrit. Il consiste en l’injection mensuelle de 0,8 mL d’extraits allergéniques adjuvés à l’hydroxyde d’alumine (tableau 5.3) L’administration de cétirizine (0,25–0,5 mg/kg SID par voie orale) est débutée 15 jours avant la première injection et poursuivie pendant un minimum de 6 mois. Une étude préliminaire montre l’absence d’effets secondaires lors de l’association vaccination anti-allergène sans phase d’attaque et cétirizine. Ce nouveau protocole présente l’énorme avantage d’être simple et pourrait diminuer le temps de latence avant l’apparition des résultats. Il présente l’inconvénient d’augmentation potentielle des risques d’anaphylaxie et de démotivation du propriétaire.


Tableau 5.3 Protocole de vaccination anti-allergène mensuelle monodose











































Semaines cétirizine PV > 10 kg:10 mg/j,pv < 10 kg:5 mg/j Immunothérapie
Semaine −2 Prise quotidienne  
Semaine −1 Prise quotidienne  
Semaine 1 Prise quotidienne 0,8 mL voie SC
Semaine 2 Prise quotidienne  
Semaine 3 Prise quotidienne  
Semaine 4 Prise quotidienne  
Semaine 5 Prise quotidienne 0,8 mL voie SC
Semaine 9 Prise quotidienne 0,8 mL voie SC
Prise quotidienne pendant 6 mois 0,8 mL voie SC tous les mois

Il faut noter que tous les protocoles utilisés en médecine vétérinaire ont été établis sur la base de résultats empiriques, et qu’aucune étude contrôlée n’a à ce jour, ni évalué la fréquence et l’intervalle idéal des injections, ni les doses optimales.

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May 4, 2017 | Posted by in DERMATOLOGIE | Comments Off on spécifique d’allergènes

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