des insuffisances osseuses transversales

Chapitre 5 Traitement des insuffisances osseuses transversales


Il n’existe pas de consensus spécifique sur la classification des défauts osseux transversaux. Cependant, on constate que les insuffisances osseuses transversales les plus souvent rencontrées font suite à la perte d’une ou plusieurs dents correspondant à une classe III ou IV [1] pour lesquelles la conservation de l’os alvéolaire dans le sens vertical avec une épaisseur osseuse variant entre 1 et 4 mm est constatée.





Correction du déficit osseux transversal


La technique reconstructrice de référence pour traiter les insuffisances osseuses transversales reste l’apposition d’un bloc osseux autogène avec une préférence pour un greffon d’origine embryologique membranaire qui se distingue par un faible taux de résorption [4] :






Pour les défauts osseux de très faible étendue, l’application clinique de la régénération osseuse guidée [5] est indiquée quand la technique d’ostéosynthèse par greffon autogène n’est pas possible :





La correction des défauts osseux transversaux est un défi constant pour le praticien [6] avec les objectifs suivants :







Procédures chirurgicales



image Évaluation de l’étendue du défaut osseux : préparation du site receveur


L’exploration du site receveur se fait préalablement à la prise du greffon de façon à déterminer avec précision les dimensions du greffon soit :




L’incision de départ crestale est à orientation palatine ou linguale avec deux contre-incisions verticales effectuées à distance du défaut osseux. Le tracé d’incision aide à décaler les sutures qui ne doivent pas s’appuyer sur le greffon solidarisé du site receveur, car il existe un danger représenté par la rupture des sutures par tension excessive et l’exposition du site greffé : un lambeau mucopériosté est récliné avec une base plus large que son bord crestal pour avantager l’apport vasculaire et préparer son repositionnement.


La préparation du site receveur qui précède la greffe suit une procédure strictement méthodique [7] :




Plus le site greffé est corticalisé, plus le mécanisme de revascularisation sera long. Or, la vitesse de vascularisation est un des facteurs qui concourt à l’intégration du greffon.


Outre l’apport vasculaire, la décorticalisation est fondamentale, particulièrement à la mandibule très corticalisée, pour permettre l’insertion du greffon et accroître sa stabilité [9].


À ce stade, une plastie des rebords osseux du site receveur est souvent nécessaire pour :




Une ultime évaluation du site receveur donne un bilan clinique sur :








image Liaison entre le site récepteur et le greffon : méthode de stabilisation du greffon



Greffon corticospongieux autogène


Un greffon plus large que le site récepteur est prélevé (chapitre 3) puis rectifié pour couvrir tous les défauts osseux. Pour faciliter la vascularisation du greffon, on procède à de minces microperforations à l’aide du foret qui va préparer le pertuis nécessaire à la vis d’ostéosynthèse, et sous irrigation constante de sérum physiologique. Les bourgeons vasculaires vont ainsi pénétrer au sein du greffon en apportant tous les médiateurs nécessaires à une néoformation osseuse.


La stabilité primaire du greffon est assurée par une ou deux vis d’ostéosynthèse généralement autoforeuses et autotaraudantes, dont les diamètres varient entre 1,2 et 2 mm.


La longueur des vis se détermine en fonction de l’épaisseur du greffon et de la dimension transverse du défaut osseux à corriger.


Des forets de diamètre correspondant aux vis d’ostéosynthèse perforent le greffon et le site récepteur en prenant garde d’engager la vis de fixation du greffon dans le même axe de perforation [10].


L’utilisation des mêmes forets pour la préparation du greffon s’explique pour éviter d’évaser un pertuis avec un instrument rotatif plus large. Si une vis d’ostéosynthèse traverse le greffon pour sa fixation, elle est conforme au diamètre de la préparation.


Au terme de l’adaptation du greffon, celui-ci ne doit présenter aucun mouvement de rotation.


Les espaces libres entre le site receveur et le greffon sont comblés avec de l’os spongieux ou un substitut osseux pour renforcer l’adhérence entre le site receveur et le greffon corticospongieux (figures 5.7 à 5.11).







image Cas cliniques



Spécificité des cas cliniques selon leur localisation maxillaire et mandibulaire


Les variations évolutives de l’os maxillaire et mandibulaire sont très importantes selon les individus. Aussi, la technique opératoire précédemment décrite est adaptée selon que le site receveur se situe sur :




En région antérieure maxillaire édentée, l’insuffisance osseuse transversale est le plus souvent associée à un défaut osseux vertical de la crête alvéolaire [15]. Cette résorption crestale est souvent moindre par rapport à l’insuffisance osseuse transversale qui s’oppose principalement à la pose des implants. Toutefois pour respecter une position acceptable des implants dans le sens vertical (2 mm sous les collets des dents voisines) [16], la correction du défaut crestal dans le même temps que la greffe transversale est indispensable : les défauts verticaux importants associés aux défauts transversaux font partie des cas complexes de traitements des insuffisances osseuses (chapitre 9).Un défaut vertical réduit se corrige avec le même greffon prélevé pour traiter la perte osseuse transversale : à son extrémité crestale, une forme de selle ou de « L » renversé est appliquée au greffon de façon à compenser le déficit osseux [17].




Jun 28, 2017 | Posted by in DENTAIRE | Comments Off on des insuffisances osseuses transversales
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