Chapitre 27 Anomalie de la quantité de liquide amniotique
Hydramnios
Définition [1]
L’hydramnios se définit comme un excès de liquide amniotique par rapport à une norme susceptible d’entraîner des conséquences pathologiques. Ces conséquences, qui peuvent être sévères, justifient une démarche à la fois thérapeutique et étiologique [1]
Fréquence
L’hydramnios aigu du 2e trimestre est rare, sa fréquence est de 1 à 2 %%.
L’hydramnios chronique du 3e trimestre est un peu plus fréquent : 0,5 à 10 %.
Diagnostic clinique
L’excès de liquide amniotique se traduit par une augmentation anormale de la hauteur utérine pour le terme. L’utérus est tendu, contractile, il existe un inconfort respiratoire pour la mère. Le ballottement du fœtus à la palpation abdominale ou au toucher vaginal est excessif avec le signe du glaçon. La constitution de ce tableau peut être rapide, en 1 à 2 semaines (hydramnios aigu) ou plus lente (hydramnios chronique).
Diagnostic échographique
L’évaluation subjective de la quantité de liquide amniotique fait partie de l’examen de base. Elle est pertinente dans sa capacité à distinguer l’excès de LA modéré ou sévère. L’évaluation objective de la quantité de LA peut se faire par la mesure de la plus grande citerne verticale (> 10 cm) ou par la somme des hauteurs des citernes [2] dans les quatre cadrans de l’utérus (> 25 cm). Cette méthode mesurant l’index amniotique est la plus utilisée dans la littérature (Amniotic Fluid Index – AFI). Une citerne est un espace liquidien, libre de toute structure fœtale ou cordonale, que l’on mesurera verticalement.
La présence de liquide améliore la visibilité échographique. Mais le fœtus, dont la densité corporelle est supérieure à celle du liquide, ne flotte pas. L’hydramnios le maintient à grande profondeur, rendant l’examen difficile. On proposera (avec tact) à la patiente de se mettre à quatre pattes. Ainsi le fœtus « tombe » sur la paroi antérieure, devenue le fond de la piscine.
Étiologies
L’hydramnios résulte d’un excès de production de liquide ou d’un défaut de résorption. On peut essayer de retenir les nombreuses causes en les regroupant par catégories physiopathologiques.
Hyperdiurèse
Défaut de résorption
Il s’agit de tout ce qui gêne la déglutition et le transit du liquide jusqu’au jéjunum :
Derrière ces causes directes, on retrouvera donc des origines variées : malformatives, métaboliques, chromosomiques, génétiques, infectieuses, etc., mais dans environ 30 % des cas d’hydramnios chroniques, on ne saura pas trouver de cause.

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