15: Endométriose

Chapitre 15 Endométriose




L’endométriose se définit comme la présence de tissu endométrial comportant à la fois des glandes et du stroma en dehors de la cavité utérine. La présence de lésions histologiques n’est pas synonyme de l’existence de la maladie clinique (CNGOF, 2006).


L’endométriose génitale peut se voir à l’intérieur du myomètre, réalisant l’adénomyose, ou à l’intérieur du pelvis, parsemant le péritoine pariétal, les ovaires et le péritoine viscéral : c’est l’endométriose externe. Cette endométriose externe peut être sous-péritonéale et envahir le rectum, le vagin, l’utérus la vessie, les uretères, le grêle : c’est l’endométriose profonde.




Étiologie




Endométriose externe


Elle désigne toutes les autres localisations (planche 15.1) :




Ces îlots hétérotopiques viennent coloniser une déchirure cervicale, une plaie vaginale, une épisiotomie.


Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces localisations :





Clinique et investigations paracliniques


Les différentes localisations de la maladie expliquent son polymorphisme sémiologique. Tout peut se voir et n’importe quel motif de consultation gynécologique peut conduire au diagnostic d’endométriose.



Adénomyose


Elle se rencontre après 35 ans, chez des femmes qui ont eu plusieurs grossesses et qui viennent consulter pour des ménométrorragies et des douleurs pelviennes.


Les douleurs pelviennes sont souvent rythmées par les règles. Présentes dans 30 % des cas, elles prennent le caractère d’une dysménorrhée tardive (2e–3e jour) et secondaire surprenant d’autant plus ces femmes qui ne souffraient pas pendant leurs règles lorsqu’elles étaient plus jeunes (dysménorrhée secondaire). La dysménorrhée est souvent associée à des algies pelviennes intermittentes.


Les ménorragies ou les ménométrorragies sont très fréquentes. Présentes dans 60 % des cas, elles s’aggravent au fil du temps et sont rebelles aux traitements médicaux (hémostatiques ou progestatifs) mais aussi aux curetages ou résections endométriales.


À l’examen, l’utérus apparaît globalement augmenté de volume, régulier le plus souvent, dur et fibreux, le reste de l’examen est négatif ; des fibromes peuvent être associés (50 % des cas) ou une endométriose externe (15 %) rendant le diagnostic difficile (GEE, 1994).


Aucune étude contrôlée n’a montré que l’adénomyose était à elle seule responsable de fausses couches ou de mauvais taux d’implantation en FIV (Deffieux et al., 2004).


L’échographie doit être faite en 2e partie de cycle et par voie vaginale (planche 15.1.c). Elle permet d’observer un utérus volumineux, globuleux avec des lacunes anéchogènes, des zones hétérogènes ou mal définies au sein du myomètre. La sensibilité serait de l’ordre de 70 % avec une spécificité de 70 à 90 % (Taourel, 2004).


En IRM (planche 15.1.d), les foyers d’adénomyose apparaissent sous la forme de foyers sous-endométriaux, d’hypersignal en T2. L’hyperplasie musculaire entourant les foyers ectopiques d’endomètre se traduit par un hyposignal hétérogène en T2. La mesure de l’épaisseur moyenne de la zone jonctionnelle semble être le meilleur signe. Elle est de 15 mm chez les patientes ayant une adénomyose contre 7,7 mm chez les patientes indemnes. La sensibilité et la spécificité de l’IRM sont comparables à celles de l’échographie vaginale mais sont moins opérateurs dépendants (Deffieux et al., 2004).


L’hystéroscopie (planche 15.1.e) peut dans certains cas permettre de voir de petits orifices punctiformes correspondant aux canaux diverticulaires.


L’hystérographie a été longtemps l’examen de référence. Elle n’est plus pratiquée que dans les infertilités. Elle montre alors des signes directs pathognomoniques (planche 15.1.a) : les diverticules rectilignes et courts, terminés en massue.


Quand les diverticules sont exclus, des signes indirects attirent parfois l’attention :




Endométriose externe intrapéritonéale


Elle touche surtout des femmes plus jeunes, entre 20 et 30 ans, qui consultent pour des algies pelviennes ou stérilité.


Ces algies sont soit permanentes (44 % des endométrioses profondes) soit intermittentes, revêtant l’aspect d’une dysménorrhée secondaire présente dans 64 % des endométrioses profondes. Parfois, se surajoutent une dyspareunie profonde, des douleurs à la miction ou à la défécation, une stérilité. Les échelles d’intensité subjective (échelle visuelle analogique, échelle numérique) sont utiles pour évaluer la sévérité des symptômes douloureux en pré- et post-thérapeutique.


L’examen clinique fait si possible en période menstruelle va permettre de soupçonner fortement le diagnostic, quand il existe une rétroversion utérine fixée et que l’on retrouve des noyaux douloureux qui infiltrent le Douglas, surtout au niveau des ligaments utéro-sacrés. Ces nodules bleutés peuvent être visibles au spéculum dans le cul-de-sac postérieur du vagin. L’examen des annexes peut révéler une tumeur ovarienne ou des annexes sensibles.


En l’absence d’antécédents infectieux, le diagnostic le plus probable est celui d’endométriose.


L’échographie, en particulier vaginale, peut orienter le diagnostic en cas de masses annexielles. Les kystes ovariens endométriaux, s’ils ont plus de 2 cm de diamètre, seront évoqués sur des images arrondies, avec des contours internes lisses et réguliers. On observe, dans les kystes, des échos de faible brillance, qui sont répartis de façon uniforme dans l’ensemble du kyste. Il y a un renforcement postérieur, il n’y a pas de cloisons intrakystiques (figure 15.1). Après mobilisation du kyste par la sonde vaginale par exemple, on peut observer la mise en mouvement des échos intrakystiques.


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Apr 23, 2017 | Posted by in GYNÉCOLOGIE-OBSTÉTRIQUE | Comments Off on 15: Endométriose

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