6: Douleurs abdominales

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Douleurs abdominales




Douleurs abdominales aiguës


La douleur abdominale (DA) est un motif fréquent (3 à 5 %) de consultation aux urgences pédiatriques. Les études réalisées dans ces services montraient : 45 % d’enfants de moins de 6 ans, un sex-ratio de 1, des étiologies « non chirurgicales » dans 65 à 90 % des cas, notamment les infections virales (40 à 70 %). L’appendicite était l’étiologie chirurgicale la plus fréquente (1 à 8 % des cas).


La hantise du médecin est d’ignorer une urgence qui peut être chirurgicale ou médicale, liée à une affection abdominale mais aussi extra-abdominale. La démarche diagnostique repose essentiellement sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Aucun examen complémentaire n’est systématique et leurs indications sont fonction de la probabilité des hypothèses diagnostiques déterminées sur les seules données cliniques.


Le nourrisson ne peut exprimer verbalement sa douleur. L’existence de douleurs doit être suspectée devant :



L’utilisation d’échelles d’hétéro-évaluation de la douleur est recommandée, telles l’EDIN jusqu’à 3 mois et l’EVENDOL (valable de la naissance à 7 ans). Chez l’enfant plus grand, la douleur est plus facilement décrite et évaluée par une échelle visuelle analogique.



Examen clinique



Évaluer la gravité


Les affections graves nécessitant un traitement immédiat ou rapide doivent être suspectées en premier lieu. Les constantes vitales sont mesurées précédant un examen soigneux abdominal et extra-abdominal. Les signes évocateurs d’une urgence médicale ou chirurgicale sont rapportés dans le tableau 6.1. Les situations de choc et les occlusions intestinales nécessitent une prise en charge hospitalière immédiate.



Un état de choc hypovolémique se manifeste par une tachycardie, une polypnée, des marbrures, un allongement du temps de recoloration cutanée, des extrémités froides et cyanosées, parfois un état d’agitation. La tension artérielle est longtemps normale. Un état de choc associé à des douleurs abdominales peut être la conséquence d’une déshydratation (gastro-entérite, acidocétose diabétique, insuffisance surrénalienne), d’un volvulus sur anomalie de rotation ou d’une occlusion intestinale évoluée (existence d’un troisième secteur digestif, choc septique à point de départ digestif).


Une occlusion doit être reconnue sur des vomissements répétés, rapidement bilieux, l’arrêt des gaz et des selles. Les principales étiologies sont l’IIA, l’occlusion sur bride, le volvulus sur anomalie de rotation et la péritonite appendiculaire. Devant un nourrisson fébrile, geignard et hypotonique, il faut éliminer une méningite.



Éléments du diagnostic


Le tableau 6.2 présente les différentes étiologies en fonction de l’âge et de la gravité. En l’absence de détresse vitale, l’interrogatoire et l’examen clinique sont conduits de manière systématique afin de décrire les caractères de la douleur et les signes d’accompagnement.




Caractères de la douleur: La description doit être méthodique, envisageant successivement le siège et les irradiations, le type, le caractère paroxystique ou continu, l’horaire, l’existence de facteurs déclenchant, aggravant ou calmant. Plus la douleur est fixe et localisée, et plus elle est éloignée de la ligne médiane, plus son étiologie organique est probable. Le caractère persistant, continu et/ou nocturne est un argument en faveur d’une cause organique. Certaines affections donnent des douleurs paroxystiques (IIA, lithiase urinaire), de début particulièrement brutal (douleur de début « horaire » de l’IIA), des douleurs d’évolution naturellement migratrice (péri-ombilicale puis migrant en fosse iliaque droite dans l’appendicite aiguë), des douleurs projetées (pneumopathies, torsion de cordon spermatique).



Signes d’accompagnement: Les signes d’accompagnement ne se limitent pas aux signes digestifs ni aux affections intra-abdominales. Les questions doivent être précises, reformulées si nécessaire. Il est indispensable de savoir, outre l’âge de l’enfant, s’il existe ou non :



• des antécédents de chirurgie abdominale, la hantise étant alors l’occlusion sur bride ;


• une fièvre et son degré ;


• des vomissements et leurs caractères ;


• une diarrhée ou une constipation, des rectorragies ;


• une anorexie, un amaigrissement ou une prise de poids récents ;


• une pâleur, une hypotonie, des « malaises », accompagnant des crises douloureuses ;


• une décoloration des selles et des urines foncées ;


• des signes fonctionnels urinaires, un syndrome polyuropolydipsique ;


• une dyspnée ou polypnée, une douleur thoracique, une toux, des palpitations, une tachycardie ;


• des céphalées ou des modifications du comportement ;


• des signes génitaux : douleur scrotale, date des dernières règles, métrorragies, contraception, rapports sexuels ;


• une éruption et son type (purpura, ecchymoses) ;


• des arthralgies ou arthrites ;


• des signes ORL : odynophagie, otalgie, otorrhée ;


• une hypertension artérielle.

May 14, 2017 | Posted by in PÉDIATRIE | Comments Off on 6: Douleurs abdominales
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