43: Brûlures chimiques

Chapitre 43 Brûlures chimiques



Dans la vie quotidienne, les brûlures chimiques ne sont pas fréquentes si on les compare au nombre important de produits chimiques disponibles et utilisables dans les activités industrielles ou domestiques. Mais les lésions qui peuvent en résulter sont presque toujours profondes, graves et sérieuses. Les directives européennes concernant la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances dangereuses sont strictes. Sur l’emballage doit figurer très clairement le nom commercial du produit, le ou les composants chimiques, le symbole de toxicité (voir annexe 43-1) ainsi que le nom de fabricant et ses coordonnées complètes.



Mode d’action


Les produits chimiques agressent le corps humain par différents mécanismes.


En changeant le pH ou en liquéfiant les graisses qui entourent les protéines, ils peuvent détruire les forces qui maintiennent la structure tridimensionnelle des protéines dites « forces de Van der Waal ».


Une exothermie majeure se dégage pendant le contact entre le produit et le tissu humain. Ils peuvent altérer certains cycles et processus métaboliques cellulaires.


Certains produits ont une toxicité systémique.


La gravité d’une brûlure chimique peut être déterminée par les facteurs suivants :










L’hétérogénéité et le grand nombre de produits chimiques expliquent à la fois la difficulté pour établir une classification unique et la multiplicité des classifications proposées par différents brûlologues. La classification de Miller a le mérite d’être simple et d’englober la majorité des différents produits (tableau 43-1).


Tableau 43-1 Classification de Miller.


















I. Corrosifs [3] Ce sont des acides forts (pH < 2) ou des bases (pH > 11,5) qui agissent par coagulation des protéines avec inhibition des mitoses. La pénétration en profondeur est plus importante dans les brûlures par alcalins à cause de la liquéfaction de la graisse qui explique la sévérité de ces brûlures que dans les brûlures par acides (exemple : phosphore blanc, phénol).
II. Irritants corrosifs Par oxydo-inhibition (composés arsenicaux inorganiques, composés du phosphore).
Par oxydation (chlore, iode, brome, permanganate de potassium) ; les composés phénoliques entrent aussi en jeu.
III. Lacrymogènes Groupement halogéné (chloracéton, bromaceton).
Groupement non saturé.
IV. Solvants Essence, trichloréthylène, alcools concentrés, acétone, dérivés de méthane, d’éthane ou de propane.
V. Détergents et mouillants  

Y a-t-il une conduite à tenir immédiate spécifique pour chacun de ces produits ?


La prise en charge évidente est la neutralisation, c’est-à-dire l’utilisation d’un produit acide pour neutraliser un produit alcalin et inversement mais :





L’apparition de solutions amphotères sous le nom commercial de Diphotérine® [4] a permis d’éviter les effets indésirables liés à la neutralisation. Ce produit réagit comme un acide en présence d’un alcalin (et inversement) sans dégager de chaleur et sans le moindre effet secondaire. La Diphotérine® est une solution hypertonique polyvalente amphotère décontaminante préconisée dans le traitement des brûlures chimiques de la cornée [4] avec une capacité neutralisante d’environ 600 produits chimiques différents : acides, alcalins, irritants corrosifs, lacrymogènes, solvants et détergents. Elle est actuellement largement utilisée dans le traitement des brûlures chimiques des yeux [5], de la muqueuse buccale et du tube digestif supérieur ainsi que dans les brûlures chimiques cutanées, chez l’adulte comme chez l’enfant, sans risque de toxicité ni d’effet indésirable.


La conduite à tenir consiste à enlever l’agent causal, éventuellement les vêtements contaminés et à laver à l’eau pour diluer le produit chimique responsable.


Durant le lavage, certains principes doivent être respectés :






L’identification de l’agent causal est très importante, certains ayant une toxicité systémique et générale en plus de provoquer des lésions cutanées.


La prise en charge chirurgicale consistera en l’excision précoce dès que l’état général du patient le permet [6]. Cette excision n’est pas systématiquement suivie d’une greffe mais peut être itérative jusqu’à ce que l’on soit certain d’obtenir un soussol correct.



Sep 21, 2017 | Posted by in GÉNÉRAL | Comments Off on 43: Brûlures chimiques
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