Chapitre 2 Bilan radiologique arrière-pied et cheville
Le bilan radiologique standard de la cheville et du pied ne présente en règle aucune difficulté sur le plan technique et n’a d’ailleurs pas notablement progressé depuis plusieurs dizaines d’années. Les incidences de base restent valables. Celles-ci doivent cependant être envisagées actuellement à la lumière de la banalisation des imageries en coupes qui rendent inutiles et obsolètes certaines incidences complexes.
Les protocoles se sont simplifiés et ne reposent plus que sur quelques incidences qu’il convient donc de bien réaliser et bien interpréter. Les incidences complexes initialement destinées à l’étude précise de certaines structures (comme les cunéiformes ou l’articulation sous-talienne) peuvent être abandonnées.
Les circonstances cliniques justifiant la réalisation de clichés simples de la cheville ou du pied sont multiples, mais orientent souvent d’emblée vers une étude topographique assez précise : cheville simple, cheville et arrière-pied, ensemble du pied, avant- pied, étude statique du pied avec podométrie. Nous n’envisagerons que l’examen de l’arrière-pied et de la cheville ainsi que la podométrie, sans insister sur l’aspect technique des incidences qui sont toutes bien connues. On rappelle simplement qu’un cliché de face de la cheville n’explore pas le pied et qu’un cliché de face du pied n’explore pas la cheville.
En dehors de certains contextes particuliers (trau- matismes par exemple), l’examen gagne à être bilatéral, même si la pathologie semble n’intéresser qu’un seul côté. La découverte et l’interprétation d’une modification subtile sont en effet plus faciles si on peut s’aider de la comparaison avec le côté normal.
Principales incidences
Incidences fréquemment utilisées
Cliché de cheville de face
Il est le plus souvent réalisé en position couchée, le pied en légère rotation interne (rayon dans l’axe du 4e métatarsien) pour amener l’axe bimalléolaire dans le plan frontal. Cette incidence dégage bien l’articulation talocrurale, le dôme du talus et les malléoles avec les interlignes talomalléolaires. Le corps du talus et le calcanéus ne sont pratiquement pas visibles.
Un cliché effectué en rotation interne un peu plus marquée (30°) dégage encore mieux l’angle supérolatéral du talus et l’interligne talomalléolaire externe et est fréquemment réalisé dans le bilan d’une entorse de la cheville. La numérisation pratiquement systématique actuellement facilite la découverte de petites calcifications ou d’arrachements osseux sur les points d’insertion ligamentaire.
Ce cliché de face peut aussi être réalisé en position debout pour apprécier la statique de la cheville et l’épaisseur de l’interligne articulaire lorsque cette étude est utile, en cas d’arthrose post-traumatique par exemple.
Cliché de cheville de profil
Il est toujours réalisé en position couchée si la pathologie se limite à la cheville (entorse). La flexion du pied est variable, le plus souvent presque à angle droit. Il permet une bonne étude de profil de l’articulation talocrurale, du talus, de l’articulation sous-talienne, du calcanéus, de l’interligne de Chopart, du naviculaire et du cuboïde. On voit bien l’arrière-pied, la projection des os variant cependant légèrement avec le varus ou le valgus du pied. La numérisation permet de se faire une bonne idée des enthèses sur le calcanéus. Certaines pathologies comme les synostoses peuvent être largement suspectées.
Si on souhaite un cliché en charge, il est préférable de faire un cliché de profil en charge de l’ensemble du pied. C’est le cas également si la pathologie déborde sur l’arrière-pied.
Cliché de pied de profil
Il peut en pratique être réalisé en position couchée ou debout. En dehors des contextes traumatiques évidents, il semble préférable de le faire debout, car cette position apporte une information statique sans rendre sa réalisation franchement plus difficile, ni altérer notablement sa qualité. Le centrage du rayon se fait juste au-dessus de la zone d’appui. Ce cliché montre bien de profil toutes les structures de la cheville et de l’ensemble du pied (structures osseuses, interlignes articulaires du tarse, articulation sous-talienne, parties molles de l’articulation talocrurale à la recherche d’un épanchement, silhouette et enthèse du tendon calcanéen et de l’aponévrose plantaire). Il peut donc souvent dispenser du cliché de profil de la cheville (fig. 2-1) lorsqu’un bilan complet est envisagé. Il donne d’emblée une bonne impression de la statique du pied selon l’orientation de l’axe talométatarsien.
Cliché des pieds de face
Il étudie le plus souvent les deux pieds sur la même cassette, en charge ou en position couchée genoux fléchis selon le contexte. La numérisation permet une bonne étude de l’avant- pied et de l’arrière-pied sur une seule pose (en « j ouant » éventuellement sur la console et en impressionnant deux films différents de la même pose). L’avant-pied est vu sans superposition. Il n’en est pas de même pour le tarse antérieur, où certaines superpositions sont gênantes, et encore moins pour le tarse postérieur, qui est peu visible. Une légère inclinaison ascendante du rayon (d’une dizaine de degrés) permet une meilleure analyse des interlignes de Lisfranc et de Chopart. C’est le seul cliché permettant de visualiser une différence de densité osseuse, puisque les deux côtés sont étudiés en même temps sur la même cassette.
Clichés de trois quarts déroulé
Ils sont toujours réalisés en position couchée en étudiant séparément les deux pieds. Ils donnent une bonne vue complémentaire du cliché de face, notamment sur le tarse, en diminuant les superpositions.
Ces incidences principales (quatre ou six poses pour étudier les deux chevilles, cinq poses pour les deux pieds, sept poses pour l’ensemble des deux chevilles et des deux pieds) permettent donc une étude satisfaisante qui suffit le plus souvent.
Arrière-pied
Les multiples incidences inventées jadis pour étudier l’articulation sous-talienne n’ont plus grand intérêt depuis que les imageries en coupes sont facilement accessibles.
L’incidence rétrotibiale du calcanéus peut encore être intéressante dans certaines indications.
L’incidence bifocale de De Sèze et Djian comportant une double exposition du pied de face en charge n’est plus réalisée.

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