6: L’entorse de la cheville

Chapitre 6 L’entorse de la cheville



1 Entorse fraîche : algorithme et imagerie utile



En imagerie traumatologique d’urgence, un algorithme peut être proposé principalement dans deux situations différentes :





Quand demander une imagerie pour une entorse récente de la cheville ?


Une imagerie est très (trop ?) souvent demandée en traumatologie d’urgence pour une entorse récente de la cheville, avec un résultat le plus souvent négatif : « pas de lésion osseuse traumatique »». Depuis quelques années, certaines équipes ont développé une réflexion approfondie sur cette thématique, avec des travaux prospectifs de grande qualité. C’est en particulier au Canada (Ottawa) que les études importantes ont été réalisées.


La solution préconisée pour diminuer le nombre d’explorations radiologiques « inutiles »» passe par l’établissement de règles de prédiction clinique (RPC). Ces règles sont des outils qui permettent de quantifier le risque de traumatisme d’un segment articulaire en fonction du terrain (âge, intoxication…), de l’anamnèse (circonstances, mécanisme…) et de l’examen clinique (points douloureux, limitation d’amplitude…). Une bonne RPC doit être pertinente, reproductible, facile à mettre en œuvre, validée par des équipes indépendantes des concepteurs, source d’économie de clichés, de temps et d’argent… sans risque ni perte de chance pour le patient !


La première règle de prédiction développée et validée concerne la cheville « critères d’Ottawa », avec une première publication en 1992. Ces règles stipulent que des radiographies sont justifiées quand l’appui immédiat ou dans la salle d’urgence est impossible, ou en cas de douleur à la palpation de l’extrémité distale de la malléole latérale ou médiale ou du bord postérieur de l’extrémité inférieure du tibia ou de la fibula (sur 6 cm de hauteur). On recherche deux autres points douloureux : sur la base du 5e métatarsien et l’os naviculaire.


Avec un recul de 15 ans, et après plusieurs études de validation, les critères d’Ottawa sont reconnus comme très fiables dans la littérature internationale. Mais en pratique, ils sont peu utilisés sur le terrain, pour des raisons diverses : manque d’information, mauvaise compliance des médecins cliniciens, impression qu’une radiographie de la cheville est absolument nécessaire pour tout traumatisme…



Quelle imagerie réaliser pour une entorse récente de la cheville ?


Le meilleur compromis doit être trouvé entre l’enjeu fonctionnel, le délai acceptable, la performance et la disponibilité des techniques d’imagerie.




Résultats









Autres méthodes d’imagerie utiles après les radiographies







2 Échographie et entorse de la cheville





Technique


L’étude des petites structures superficielles que sont les ligaments du pied et de la cheville requiert, outre une bonne connaissance de l’anatomie régionale et de la pathologie, l’utilisation d’un matériel adapté : sondes de haute fréquence capables de fournir des images d’une excellente résolution spatiale et parfois l’utilisation d’un matériel d’interposition adéquat destiné à gommer les reliefs anatomiques. Un effort de communication est indispensable si l’on veut que le message passe efficacement vers le clinicien prescripteur et que l’examen soit réellement utile : images orientées, annotées, comparatives, de taille et de qualité photographique suffisantes. Toutes les images pathologiques doivent être reproduites et le compterendu de l’examen doit pouvoir être fait a posteriori à partir de ces images.



Les ligaments : généralités


À l’état normal, tous les ligaments ont le même aspect échographique : bande hyperéchogène, fibrillaire, fine, à bords nets, réguliers, parallèles et rectilignes quand on met le ligament en tension (fig. 6-6). Pour qu’un ligament normal soit hyperéchogène, il faut qu’il soit abordé perpendiculairement par les ultrasons, sinon il apparaît partiellement ou totalement hypoéchogène. Le caractère hyperéchogène des ligaments normaux les rend parfois difficiles à différencier de la graisse sous-cutanée dont la texture est plus granuleuse. En devenant pathologique, un ligament devient hypoéchogène et s’épaissit.



On peut distinguer différents aspects échographiques en fonction de la sévérité de l’atteinte anatomique :








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Apr 24, 2017 | Posted by in RADIOLOGIE | Comments Off on 6: L’entorse de la cheville

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