25: Cancer du testicule

Chapitre 25


Cancer du testicule









Physiopathologie: Plus de 95 % des cancers du testicule proviennent de cellules germinales ; ils sont soit des séminomes soit des tumeurs germinales non séminomateuses. Les premiers sont plus susceptibles d’être limités au testicule (stade I) et sont extrêmement sensibles à la radiothérapie. Les séminomes purs ne s’accompagnent jamais d’une augmentation de l’α-fœtoprotéine (AFP) sérique. Les tumeurs germinales non séminomateuses comprennent des carcinomes embryonnaires, des choriocarcinomes, des tumeurs du sac vitellin ou des tératomes, seuls ou en mélange avec d’autres éléments. Les tératomes ne sécrètent ni la gonadotrophine chorionique (HCG) ni l’AFP et, généralement, ne métastasent pas ; ils grandissent par extension locale et sont totalement résistants à la radiothérapie et à la chimiothérapie.


La plupart des cancers des cellules germinales testiculaires chez l’adulte sont associés à l’anomalie cytogénétique i12p, un isochromosome du bras court du chromosome 12, qui est une caractéristique très spécifique des tumeurs des cellules germinales. Les tumeurs des cellules de Sertoli, les tumeurs des cellules de Leydig et les lymphomes sont les tumeurs de cellules non germinales les plus fréquentes. Chez les hommes âgés de plus de 60 ans, la tumeur la plus fréquente est le lymphome non hodgkinien (chapitre 10), qui tend à être bilatéral.



Manifestations cliniques: La plupart des patients atteints de cancer du testicule consultent en raison de douleur locale ou parce qu’ils ont palpé une masse ou ont constaté une augmentation de volume. D’autres sont asymptomatiques, et le cancer est détecté lors d’un examen médical de routine. Parfois, le diagnostic est posé à l’occasion d’investigations pour stérilité ; en effet, le cancer du testicule peut provoquer une oligospermie.


La dissémination métastatique est lymphatique ou hématogène. Habituellement, les métastases lymphatiques gagnent d’abord les ganglions rétropéritonéaux homolatéraux, ce qui peut provoquer une douleur dans le flanc. Les métastases lymphatiques peuvent migrer jusque dans le médiastin postérieur et finalement dans les ganglions lymphatiques supraclaviculaires gauches. Une grande masse rétropéritonéale ou un ganglion lymphatique supraclaviculaire peut être palpable à l’examen physique. La dissémination hématogène atteint généralement en premier lieu le parenchyme des deux poumons. Les symptômes, tels que douleurs thoraciques, essoufflement, dyspnée à l’effort, toux et hémoptysie, ne se manifestent que lorsque les métastases pulmonaires sont étendues. D’autres sites de dissémination hématogène sont le foie, les os ou le cerveau. Une augmentation significative du taux sérique de HCG peut produire une gynécomastie.



Diagnostic: Le patient avec une masse palpable dans un testicule est suspect de cancer, surtout s’il a des antécédents de cryptorchidie. Les autres causes d’anomalies testiculaires et scrotales font partie du diagnostic différentiel. Une douleur aiguë dans un testicule suggère une torsion. Une tuméfaction douloureuse peut être due à une hydrocèle, qui peut être causée par une tumeur maligne testiculaire primitive sous-jacente. Une douleur et une sensibilité à côté des testicules peuvent être dues à une épididymite ou une varicocèle, alors que la sensibilité du testicule lui-même à la palpation peut être causée par une orchite. Cependant, il faut toujours envisager la possibilité d’un néoplasme sous-jacent.


Tout symptôme, que ce soit une douleur testiculaire ou une masse suspecte, nécessite des investigations. Dans tous les cas suspects, l’échographie testiculaire est l’examen de choix. Une masse hypoéchogène doit faire penser à un cancer et diriger le patient vers un urologue (fig. 25-1).


May 6, 2017 | Posted by in IMAGERIE MÉDICALE | Comments Off on 25: Cancer du testicule
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