Chapitre 31 Autres Conduites Addictives
Le terme addiction vient du latin addictus qui signifie : « esclave pour dette ». On parle d’addiction quand une substance devient le centre de l’existence pour un sujet.
Nous différencions opiacés, psychostimulants et cannabis qui entraînent des effets différents. Dans tous les cas, il faut évoquer les pratiques du consommateur afin de déterminer s’il y a eu prise de risques ou non par rapport aux infections transmissibles par voie sanguine (VIH, hépatites, etc.).
Quel que soit le type de produit consommé, nous insistons sur l’importance d’un travail psychothérapeutique en parallèle. Lorsqu’un individu vit « avec » un produit depuis plusieurs années, l’arrêt demande une restructuration psychique et concrète du mode de vie de l’individu « sans » ce produit et cela peut entraîner des troubles psychologiques, voire psychiatriques. Le patient peut également réfléchir avec le psychothérapeute à ses motivations pour arrêter sa consommation.
FACTEURS DE RISQUE ET DE PROTECTION
Facteurs de risque
Liés à l’environnement
Les facteurs de risque liés à l’environnement sont :
Liés à des troubles psychiatriques
On sait malheureusement que derrière la consommation de drogue se cache une grande souffrance et parfois des troubles psychiatriques. Dans certains cas la prise de substances peut avoir une valeur « autothérapeutique ». Une étude (ECA) a montré que chez les schizophrènes la fréquence d’abus ou de dépendance à des toxiques est de 47 % contre 17 % dans la population générale. Une autre étude (Frages, 1998) trouve que 70 à 90 % des toxicomanes demandeurs de soins auraient une comorbidité psychiatrique associée. Il est donc essentiel qu’un spécialiste puisse le détecter afin que la prise en charge soit optimale.
DÉPENDANCE
Critères de dépendance
Nous n’allons pas ici revenir sur les différents stades de dépendance à une substance, que vous trouverez au chapitre « alcool ». Pour rappel, on distingue l’usage expérimental, occasionnel, récréatif, régulier, nocif ou abusif et la dépendance (Encadré 1).
Encadré 1 Dépendance à une substance selon le DSM-IV
Il existe une dépendance si 3 ou plus des critères suivants sont présents
Facteurs neurobiologiques
Aujourd’hui la dépendance est expliquée par l’influence de plusieurs facteurs, et non plus uniquement par les anciennes notions de dépendance psychiques et physiques. En effet, de récentes études, nous amènent à penser que la neurobiologie intervient à plusieurs niveaux du schéma trivarié des addictions du Docteur Olivenstein (Fig. 1).
Par exemple, une étude récente du NIDA a mis en lumière que certains récepteurs de la dopamine, les récepteurs D2, ont un rôle à jouer dans notre vulnérabilité à l’addiction. En effet, le nombre de récepteurs D2 est inversement proportionnel à notre appétence pour tout type de drogue et cela tendrait donc à montrer un lien entre neurobiologie et dépendance.
OPIACÉS
Il s’agit de l’opium et de ses dérivés tels que la morphine ou l’héroïne. D’un point de vue neurobiologique, ces substances ont un effet analgésique qui ralentit le flux d’informations. Elles stoppent l’action du Gaba et permettent donc une grande libération de dopamine dans le noyau accumbens, ce qui procure un flash de plaisir à l’utilisateur. Ces drogues provoquent toutes un fort phénomène addictif.
Diagnostic
Pour le diagnostic, les signes listés par le DSMIV sont des changements comportementaux ou psychologiques inadaptés : euphorie suivie d’apathie, dysphorie, agitation ou ralentissement moteur, altération du jugement, du fonctionnement social et/ou professionnel, etc.
Traitement
État de manque
La gestion du patient en état de manque est un problème délicat à envisager au cas par cas. Il est important d’arriver à pouvoir discuter en dehors d’un contexte de pression ou de violence afin que le dialogue puisse s’inscrire dans une démarche de soins.
Actuellement le traitement donné en urgence pour un état de manque, sans projet de traitement de substitution, est le plus souvent la buprénorphine qui est plus efficace que la polythérapie associant benzodiazépine, antispasmodiques et paracétamol.
Il est également important de proposer au patient un rendez-vous le lendemain afin de discuter d’un projet de soins secondairement.

Stay updated, free articles. Join our Telegram channel

Full access? Get Clinical Tree

