Système endocrinien

10. Système endocrinien







Action des hormones




■ RÉCEPTEURS INTRACELLULAIRES


L’hormone traverse la membrane cellulaire et pénètre à l’intérieur des cellules. Les récepteurs reconnaissent l’hormone et la transportent dans le noyau des cellules où elle agit.

Les récepteurs intracellulaires sont sensibles à deux types d’hormones :




– les hormones thyroïdiennes ;


– les hormones stéroïdiennes (corticosurrénaliennes, gonadiques).


■ SIGNAUX CELLULAIRES DÉCLENCHÉS PAR LES HORMONES ET LEUR TRANSMISSION


Pour que la cellule réagisse, il faut qu’elle reçoive un signal fort. Celui-ci est transmis depuis le récepteur jusqu’au noyau par le biais de messagers.

Lorsqu’une cellule reçoit un signal hormonal, elle répond selon la fonction qui lui est dévolue, par exemple :




– elle peut fabriquer une autre hormone ;


– elle peut transporter une substance (glucose, calcium, sodium) ;


– elle peut faire croître un tissu (cartilage, seins, muqueuse utérine).



L’hypothalamus chef d’orchestre


Comme un vaste système d’engrenages, l’hypothalamus, petite zone située au centre du cerveau, juste au-dessus de l’hypophyse, fabrique de nombreuses substances qui règlent le fonctionnement des autres glandes.

L’hypothalamus est une petite région nerveuse située au-dessus de l’hypophyse. Les neurohormones sont dirigées vers l’hypophyse par un système vasculaire « porte ».


Axe surrénal : CRH (Corticotropin Releasing Hormone)


La CRH a été isolée en 1981 (Vale et coll.). Il s’agit d’un polypeptide de 41 acides aminés. La séquence des acides aminés de l’homme et du rat est identique. La CRH est synthétisée à partir d’un précurseur de 196 acides aminés, la pro-CRH.

La CRH est synthétisée dans le noyau paraventriculaire mais a une concentration maximale dans l’éminence médiane. On trouve également de la CRH dans d’autres régions du cerveau, ce qui suggère des actions diverses sur le comportement.

En dehors du système nerveux central, on trouve de la CRH dans le tractus digestif et dans le placenta.




Axe thyroïdien : thyrolibérine ou Thyrotropin Releasing Hormone (TRH)


La TRH est un tripeptide de structure : (pyro) GLU-HIS-PRO-amide. Ce fut le premier polypeptide hypothalamique à être identifié et isolé (Boler, Greer 1969). Il est synthétisé à partir d’un précurseur de 242 acides aminés qui contient 6 copies de la TRH. La structure comporte 2 sous-unités α et β. La sous-unité α est commune à TRH, FSH et LH. La sous-unité β est spécifique de l’hormone.

La TRH est largement répandue dans l’organisme. Sa plus forte concentration se trouve dans le noyau paraventriculaire et les neurones terminaux dans l’éminence médiane de l’hypothalamus. On trouve également ce polypeptide en quantité notable dans le tractus gastro-intestinal, le pancréas, les testicules.

La durée de vie de la TRH est d’environ 6 minutes. Elle est dégradée dans le plasma et les tissus. Ses métabolites n’ont pas d’activité TRH.

La TRH provoque une sécrétion de TSH rapide et maximale en 20 minutes. Le test à la TRH montre une ascension des valeurs de base de 0-3μU/mL à 8-20μU/mL en dosage radio-immunologique. La TRH agit sur la synthèse des 2 sous-unités de la TSH. Elle augmente également la sécrétion de l’hormone.

La sécrétion de TSH est essentiellement sous la dépendance du taux plasmatique des hormones thyroïdiennes. Il existe d’ailleurs une corrélation quantitative inverse entre les quantités sécrétées de TRH et l’hyper- ou l’hypothyroxinémie.


Hormone de croissance


La sécrétion de l’hormone de croissance est régulée par deux facteurs, l’un stimulant et l’autre freinant la GH : Somatocrinine ou Somatotropin Releasing Factor (SRF) ou Growth Hormone Releasing Hormone (GHRH).



■ LA SOMATOSTATINE (SRIF : Somatostatin Release Inhibiting Factor)


Elle tire son nom de l’action inhibitrice qu’elle exerce sur la sécrétion de somathormone. Elle existe sous 2 formes : l’une, contenant 14 acides aminés (S14), est présente dans le cerveau et le pancréas et l’autre, en contenant 28 (S28), est présente dans le tractus gastro-intestinal. On connaît la structure exacte de la préprohormone humaine et on sait fabriquer un certain nombre de peptides à action somatostatine.

La somatostatine est très répandue dans l’organisme : hypothalamus, système nerveux central, tractus digestif, pancréas. Il est intéressant de constater que la somatostatine hypothalamique est une véritable neurohormone, sécrétée au niveau du noyau hypothalamique paraventiculaire et agissant directement pour inhiber la sécrétion de GHRH. La somatostatine du tube digestif est plutôt une sécrétion paracrine.

La somatostatine se fixe sur des récepteurs membranaires et provoque une diminution de la concentration intracellulaire des ions Ca++ par blocage du passage transmembranaire. Elle entraîne également une diminution de la concentration en AMPc. Diminuant ainsi l’activité électrique des cellules, elle agit comme un interrupteur de sécrétion.


Prolactine


À l’inverse des autres hormones hypophysaires dont le tonus est stimulé par la neurohormone hypothalamique correspondante, la prolactine est au contraire inhibée à l’état normal.


■ PRF (Prolactin Releasing Factor) ou PRP (Prolactin Releasing Peptide)


Il existe à l’évidence un facteur hypothalamique stimulant puisque la succion du mamelon provoque une sécrétion immédiate et importante de prolactine. Le PRF a été isolée en 1998 par Hinuma, chez le rat, sous le nom de Prolactin Releasing Peptide. Il s’agit d’un peptide de structure originale, possédant 7 domaines transmembranaires, se liant au récepteur spécifique HGR3 de la prolactine.

Ainsi, la prolactine, qui est normalement sous le contrôle inhibiteur de la dopamine, peut être sécrétée de façon brutale et importante sous l’influence d’une stimulation externe.


■ PIF (Prolactin Inhibiting Factor)


La sécrétion de prolactine est normalement inhibée par le contrôle hypothalamique. Cette substance est actuellement reconnue comme étant la dopamine (figure 10.3). Les substances ayant une activité dopaminergique sont de puissants inhibiteurs de la sécrétion de PRL comme la bromoergocriptine ou le pergolide. Cependant il existe d’autres substances inhibant la sécrétion de prolactine : l’acide amino-butyrique ou GABA, le peptide sécrété en même temps que la GnRH.








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Fig. 10.3


La sécrétion de prolactine est autorégulée : son augmentation entraîne une stimulation de la dopamine (boucle de régulation courte). Certaines substances entraînent une hyperprolactinémie : soit en stimulant directement TRH, soit en freinant la dopamine (œstrogènes, antidopaminergiques, neuroleptiques).



Posthypophyse : eau


L’organisme humain, pour survivre, doit obligatoirement conserver sa composition en eau (environ 80 % chez l’enfant et 70 % chez l’adulte).


Equilibre hydrique


Les apports en eau sont d’environ 2 litres/24h chez l’adulte ; l’élimination est équivalente, une moitié se faisant par le rein et l’autre moitié par les sueurs, la respiration et la perspiration.

La partie qui est régulée est celle qui passe par le rein. Ce dernier filtre en effet à peu près 180 litres de sang par 24 heures et réabsorbe 99 % de l’eau filtrée. Ce phénomène laisse donc une quantité d’eau « libre » de 1,8 litre sur laquelle joue la régulation.




– En cas de déshydratation, les récepteurs du système nerveux central déclenchent la sensation de soif et donc un désir de boisson.


– En cas d’hyperhydratation, c’est une élimination automatique de l’eau qui intervient.



Corticosurrénales : le sodium



Anatomie





■ VAISSEAUX ET NERFS







Veines. La veine surrénale (veine suprarénale) principale, très volumineuse draine la glande surrénale (glande suprarénale) (figure 10.5).


– À droite, elle se jette dans la veine cave inférieure ; à gauche, elle se draine dans la veine rénale gauche.


Lymphatiques. Ils sont nombreux et variés, drainant la surrénale vers les ganglions aortiques, hépatiques à droite et intrathoraciques des deux côtés. Ce point est important dans l’envahissement des cancers surrénaliens.


Nerfs. Ils sont très nombreux formant un plexus surrénalien (suprarénalien).


Histologie







– la zone glomérulée superficielle, qui sécrète les hormones minéralocorticoïdes ;


– la zone fasciculée moyenne qui fabrique les hormones glucocorticoïdes (cortisol) ;


– la zone réticulée profonde qui fabrique les androgènes.


Physiologie



■ GLUCOCORTICOÏDES


Indispensables à la vie, ils règlent le métabolisme des glucides intracellulaires. Le chef de file de ces hormones est l’hydrocortisone ou cortisol. Le cortisol permet la néoglucogenèse hépatique c’est-à-dire la reconstitution du glucose à partir des acides aminés. Il aide aussi à la conservation du sel et à la répartition de l’eau dans l’organisme.

Le taux de cortisol est régulé par l’appareil hypothalamo-hypophysaire. Lorsque la cortisolémie baisse dans le sang, l’hypothalamus sécrète du CRH (Corticotropin Releasing Hormone) qui à son tour entraîne la sécrétion d’ACTH hypophysaire ; cette dernière stimule la corticosurrénale et rétablit le taux de cortisol. À l’inverse, en cas d’élévation de la cortisolémie il y a freinage hypothalamo-hypophysaire et surrénalien.


Aug 19, 2017 | Posted by in GÉNÉRAL | Comments Off on Système endocrinien

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