Item 246 Ophtalmopathie dysthyroïdienne Objectifs • Connaître les signes cliniques d’une orbitopathie dysthyroïdienne. • Connaître les examens complémentaires à réaliser. • Connaître les complications oculaires d’une orbitopathie dysthyroïdienne. • Connaître les principes du traitement. Liens transversaux ITEM 187 Anomalie de la vision d’apparition brutale. ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications. ITEM 271 Pathologie des paupières. ITEM 304 Diplopie. Consensus • Diagnostic et surveillance biologiques de l’hyperthyroïdie de l’adulte, ANAES, février 2000. http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/hyperthy_recos.pdf Pour comprendre… Les troubles oculomoteurs de la maladie de Basedow sont la conséquence de l’orbitopathie dysthyroïdienne. Il s’agit d’une affection auto-immune, liée à la production d’anticorps dirigés contre les structures rétro-oculaires de l’orbite, notamment les muscles oculomoteurs. Elle nécessite une prise en charge médicale adaptée et, éventuellement, une correction chirurgicale des séquelles quand la phase active de la maladie est terminée. I Généralités, épidémiologie Il s’agit d’une atteinte auto-immune qui peut évoluer de façon autonome et menacer la fonction visuelle lorsqu’elle est sévère. L’âge de survenue est 45 ans en moyenne, avec deux pics de fréquence entre 40 et 50 ans et entre 60 et 70 ans. Elle se rencontre dans environ 30 % des maladies de Basedow et touche surtout la femme (2,5 femmes pour 1 homme), avec une gravité accrue chez l’homme. L’ophtalmopathie dysthyroïdienne se voit principalement dans la maladie de Basedow (85 à 90 % des cas). Elle peut précéder, accompagner ou suivre la maladie. Le tabagisme est un facteur provoquant ou aggravant, probablement par l’obstruction nasale qu’il génère. Elle peut parfois être liée à d’autres atteintes thyroïdiennes, comme la thyroïdite lymphocytaire de type Hashimoto, ou des anomalies auto-immunes biologiques sans maladie thyroïdienne apparente. L’ophtalmopathie serait retrouvée dans 30 à 62 % des maladies thyroïdiennes auto-immunes et serait unilatérale dans un cas sur quatre. II Physiopathologie L’exophtalmie résulte d’une inadéquation entre contenant et contenu orbitaire et peut être considérée comme le résultat d’une décompression orbitaire spontanée, limitée dans son extension antérieure par les paupières, le septum, les muscles oculomoteurs et le nerf optique. Si le mécanisme pathogénique de l’ophtalmopathie demeure inconnu, il est actuellement admis que l’ophtalmopathie dysthyroïdienne est une affection auto-immune. Il semble que l’antigène commun à la thyroïde et au tissu orbitaire soit le récepteur de la TSH. Dans la majorité des cas, l’exophtalmie est liée à l’hypertrophie musculaire qui porte sur la partie charnue du muscle, le tendon étant respecté (à la différence des myosites), plus rarement à l’hypertrophie de la graisse orbitaire ou aux deux. Les muscles préférentiellement atteints sont les muscles droit inférieur, droit médial, droit supérieur (muscle releveur de la paupière supérieure) et droit latéral. La compression du nerf optique, à l’apex orbitaire, par des muscles hypertrophiés (muscle droit médial) est à l’origine de la neuropathie optique. La compression des voies de drainage veineuses et lymphatiques crée une hyperpression intraorbitaire par stase, qui aggrave les phénomènes musculaires et neuropathiques. Il se crée ainsi, un véritable cercle vicieux entre compression et œdème. Au stade des séquelles, la solution thérapeutique est actuellement chirurgicale. III Classification Les classifications sémiologiques de référence, cliniques et radiologiques, permettent : – d’évaluer la gravité de l’affection ; – de caractériser l’atteinte de chaque patient en s’aidant de l’imagerie ; – de poser les indications thérapeutiques. La classification clinique la plus utilisée est la classification NOSPECS (Werner, 1969 ; American Thyroid Association), qui tient compte des différentes atteintes oculaires et orbitaires (tableau 246-I). La classification radiologique permet d’établir un score en fonction des signes retrouvés au scanner ou à l’IRM (total maximum de 32 en cas d’atteinte unilatéral et 64 si bilatérales) : exophtalmie, atteinte musculaire, du nerf optique, de la graisse. Only gold members can continue reading. Log In or Register to continue Related Related posts: 333: Strabisme de l’enfant 287: Troubles de la réfraction 240: Glaucome chronique 233: Rétinopathie diabétique 58: Cataracte 187: Anomalie de la vision d’apparition brutale Stay updated, free articles. Join our Telegram channel Join Tags: Ophtalmologie Apr 23, 2017 | Posted by admin in OPHTALMOLOGIE | Comments Off on 246: Ophtalmopathie dysthyroïdienne Full access? Get Clinical Tree
Item 246 Ophtalmopathie dysthyroïdienne Objectifs • Connaître les signes cliniques d’une orbitopathie dysthyroïdienne. • Connaître les examens complémentaires à réaliser. • Connaître les complications oculaires d’une orbitopathie dysthyroïdienne. • Connaître les principes du traitement. Liens transversaux ITEM 187 Anomalie de la vision d’apparition brutale. ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications. ITEM 271 Pathologie des paupières. ITEM 304 Diplopie. Consensus • Diagnostic et surveillance biologiques de l’hyperthyroïdie de l’adulte, ANAES, février 2000. http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/hyperthy_recos.pdf Pour comprendre… Les troubles oculomoteurs de la maladie de Basedow sont la conséquence de l’orbitopathie dysthyroïdienne. Il s’agit d’une affection auto-immune, liée à la production d’anticorps dirigés contre les structures rétro-oculaires de l’orbite, notamment les muscles oculomoteurs. Elle nécessite une prise en charge médicale adaptée et, éventuellement, une correction chirurgicale des séquelles quand la phase active de la maladie est terminée. I Généralités, épidémiologie Il s’agit d’une atteinte auto-immune qui peut évoluer de façon autonome et menacer la fonction visuelle lorsqu’elle est sévère. L’âge de survenue est 45 ans en moyenne, avec deux pics de fréquence entre 40 et 50 ans et entre 60 et 70 ans. Elle se rencontre dans environ 30 % des maladies de Basedow et touche surtout la femme (2,5 femmes pour 1 homme), avec une gravité accrue chez l’homme. L’ophtalmopathie dysthyroïdienne se voit principalement dans la maladie de Basedow (85 à 90 % des cas). Elle peut précéder, accompagner ou suivre la maladie. Le tabagisme est un facteur provoquant ou aggravant, probablement par l’obstruction nasale qu’il génère. Elle peut parfois être liée à d’autres atteintes thyroïdiennes, comme la thyroïdite lymphocytaire de type Hashimoto, ou des anomalies auto-immunes biologiques sans maladie thyroïdienne apparente. L’ophtalmopathie serait retrouvée dans 30 à 62 % des maladies thyroïdiennes auto-immunes et serait unilatérale dans un cas sur quatre. II Physiopathologie L’exophtalmie résulte d’une inadéquation entre contenant et contenu orbitaire et peut être considérée comme le résultat d’une décompression orbitaire spontanée, limitée dans son extension antérieure par les paupières, le septum, les muscles oculomoteurs et le nerf optique. Si le mécanisme pathogénique de l’ophtalmopathie demeure inconnu, il est actuellement admis que l’ophtalmopathie dysthyroïdienne est une affection auto-immune. Il semble que l’antigène commun à la thyroïde et au tissu orbitaire soit le récepteur de la TSH. Dans la majorité des cas, l’exophtalmie est liée à l’hypertrophie musculaire qui porte sur la partie charnue du muscle, le tendon étant respecté (à la différence des myosites), plus rarement à l’hypertrophie de la graisse orbitaire ou aux deux. Les muscles préférentiellement atteints sont les muscles droit inférieur, droit médial, droit supérieur (muscle releveur de la paupière supérieure) et droit latéral. La compression du nerf optique, à l’apex orbitaire, par des muscles hypertrophiés (muscle droit médial) est à l’origine de la neuropathie optique. La compression des voies de drainage veineuses et lymphatiques crée une hyperpression intraorbitaire par stase, qui aggrave les phénomènes musculaires et neuropathiques. Il se crée ainsi, un véritable cercle vicieux entre compression et œdème. Au stade des séquelles, la solution thérapeutique est actuellement chirurgicale. III Classification Les classifications sémiologiques de référence, cliniques et radiologiques, permettent : – d’évaluer la gravité de l’affection ; – de caractériser l’atteinte de chaque patient en s’aidant de l’imagerie ; – de poser les indications thérapeutiques. La classification clinique la plus utilisée est la classification NOSPECS (Werner, 1969 ; American Thyroid Association), qui tient compte des différentes atteintes oculaires et orbitaires (tableau 246-I). La classification radiologique permet d’établir un score en fonction des signes retrouvés au scanner ou à l’IRM (total maximum de 32 en cas d’atteinte unilatéral et 64 si bilatérales) : exophtalmie, atteinte musculaire, du nerf optique, de la graisse. Only gold members can continue reading. Log In or Register to continue Related Related posts: 333: Strabisme de l’enfant 287: Troubles de la réfraction 240: Glaucome chronique 233: Rétinopathie diabétique 58: Cataracte 187: Anomalie de la vision d’apparition brutale Stay updated, free articles. Join our Telegram channel Join Tags: Ophtalmologie Apr 23, 2017 | Posted by admin in OPHTALMOLOGIE | Comments Off on 246: Ophtalmopathie dysthyroïdienne Full access? Get Clinical Tree