Chapitre 7 Membre supérieur
Vue globale
INTRODUCTION
Le membre supérieur est en relation avec la partie latérale de la portion inférieure du cou et avec la paroi thoracique. Il est attaché au tronc par de nombreux muscles et par l’articulation sternoclaviculaire. En se fondant sur la répartition des articulations majeures du membre supérieur et sur son squelette, on peut le diviser en quatre segments : épaule, bras, avant-bras et main (figure 7.1A).
L’épaule est la partie du membre supérieur attachée au tronc (figure 7.1B).
La région axillaire, le pli du coude et le canal carpien sont des zones de transition entre les différentes parties du membre (figure 7.2). D’importantes structures tendineuses, vasculaires et nerveuses passent à travers ou sont en relation avec ces régions.
La région axillaire est une pyramide irrégulière délimitée par les muscles et les os de l’épaule et par la face latérale de la paroi thoracique. L’apex, ou ouverture supérieure, s’ouvre directement dans la partie basse du cou. La peau de la fosse axillaire forme le plancher. Toutes les structures majeures qui passent du cou au bras traversent la fosse axillaire.
Le pli du coude est une dépression triangulaire délimitée par les muscles antérieurs de l’articulation du coude. La principale artère, l’artère brachiale, et les principaux nerfs des membres supérieurs, dont le nerf médian, passent du bras à l’avant-bras en traversant le pli du coude.
Le canal carpien est la voie d’accès de la main. Les parois postérieure, latérale et médiale du canal forment une arche constituée par les petits os du carpe de la partie proximale de la main. Une épaisse bande de tissu conjonctif, le retinaculum des fléchisseurs des doigts, relie les deux bords de l’arche et forme la paroi antérieure du tunnel. Le nerf médian et tous les tendons fléchisseurs passent de l’avant-bras aux doigts de la main par le canal carpien.
FONCTIONS
Positionnement de la main
À l’inverse du membre inférieur qui sert de support au corps et assure la stabilité et la locomotion, le membre supérieur, mobile, a comme fonction essentielle de positionner la main dans l’espace.
L’épaule est attachée au tronc essentiellement par des muscles. Elle est de ce fait très mobile par rapport au corps. Les glissements antérieur et postérieur et la rotation de la scapula sur la paroi thoracique modifient considérablement la position de l’articulation glénohumérale (articulation de l’épaule) et, par voie de conséquence, augmentent la portée de la main (figure 7.3). L’articulation glénohumérale permet au bras de se mouvoir autour de trois axes dans l’espace avec une grande amplitude. Les mouvements du bras au niveau de cette articulation sont la flexion, l’extension, l’abduction, l’adduction, la rotation latérale (rotation externe) et la rotation médiale (rotation interne) (figure 7.4).
Le principal mouvement de l’articulation du coude est la flexion et l’extension de l’avant-bras (figure 7.5A). À l’autre extrémité de l’avant-bras, la partie distale de l’os latéral, le radius, peut tourner autour de la tête de l’os médial adjacent, l’ulna. La main, articulée avec le radius, peut facilement se mouvoir et se présenter soit la paume en avant, soit la paume en arrière grâce à la rotation de la partie distale du radius autour de l’ulna (figure 7.5B). Ce mouvement, appelé pronation, se situe entièrement au niveau de l’avant-bras. La supination permet de ramener la main en position anatomique.
Au niveau de l’articulation du poignet, la main peut être le siège de nombreux mouvements : inclinaison ulnaire, inclinaison radiale, flexion, extension et circumduction (figure 7.6). Ces mouvements, combinés avec ceux de l’épaule, du bras et de l’avant-bras, permettent à la main l’accès à un grand espace d’utilisation par rapport au corps.
La main, outil mécanique
Une des principales fonctions de la main est de saisir et de manipuler les objets. La préhension des objets est généralement réalisée par la flexion des doigts contre le pouce. En fonction du type de prise, les muscles de la main agissent :
soit en modifiant l’action des tendons longs venus de l’avant-bras qui s’insèrent sur les doigts ;
soit en permettant une combinaison de mouvements articulaires dans chaque doigt qui ne peuvent être générés par la seule action des tendons longs fléchisseurs et longs extenseurs venant de l’avant-bras.
La main, outil sensoriel
La main est utilisée pour discerner les objets par le toucher. Les pulpes à la face palmaire de l’extrémité des doigts contiennent une haute densité de récepteurs sensoriels somatiques. Par ailleurs, le cortex sensoriel du cerveau dévolu à l’interprétation de l’information de la main et en particulier du pouce est largement disproportionné par rapport à d’autres régions de la peau.
ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
Squelette et articulations
Les os de l’épaule sont la scapula, la clavicule et la partie proximale de l’humérus (figure 7.7).
La clavicule s’articule médialement avec le sternum et latéralement avec l’acromion de la scapula, qui passent en voûte au-dessus de l’articulation glénohumérale de la scapula et de la tête de l’humérus (articulation glénohumérale).
L’humérus est l’os du bras (figure 7.7). La partie distale de l’humérus est articulée avec les os de l’avant-bras au niveau de l’articulation du coude. Cette articulation permet les mouvements de flexion et d’extension de l’avant-bras.
L’avant-bras contient deux os :
En plus de la flexion et de l’extension de l’avant-bras, le coude permet au radius de tourner sous l’humérus tout en glissant contre l’extrémité supérieure de l’ulna permettant la pronation et la supination de la main.
Les parties distales de l’ulna et du radius s’articulent aussi entre elles. Cette articulation permet à la partie distale du radius de basculer de la partie latérale à la partie médiale de l’ulna durant la pronation de la main.
L’articulation du poignet est formée par l’extrémité distale du radius et les os du carpe de la main, et par un disque articulaire entre la partie distale de l’ulna et les os du carpe.
Les os de la main sont les os du carpe, du métacarpe et des phalanges (figure 7.7).
Les cinq doigts de la main sont le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire.
Les articulations entre les huit os du carpe ne permettent que des mouvements limités. Les os du carpe fonctionnent, le plus souvent, comme un bloc unique.
Les cinq métacarpiens, un pour chaque doigt, sont les premiers composants squelettiques de la main (figure 7.7).
Distalement, les têtes des 2e, 3e, 4e et 5e métacarpiens (excepté celui du pouce) sont reliées par de puissants ligaments. L’absence de connexion ligamentaire entre les métacarpiens du pouce et de l’index et l’articulation en selle biaxiale entre le métacarpien du pouce et le carpe permettent au pouce d’avoir une plus grande liberté de mouvement que tous les autres doigts de la main.
Les os des doigts sont les phalanges (figure 7.7). Le pouce en a deux alors que les autres doigts en ont trois.
Les articulations métacarpophalangiennes sont des articulations condyliennes biaxiales (articulations ellipsoïdes) qui permettent les mouvements d’abduction, d’adduction, de flexion, d’extension et de circumduction (figure 7.8). L’abduction et l’adduction des doigts sont définies par référence à un axe qui passe par le centre du 3e doigt en position anatomique. Le 3e doigt ou majeur peut donc se mettre en abduction à la fois médialement et latéralement et retourner à sa position axiale en adduction. Les articulations interphalangiennes sont essentiellement des articulations charnières qui autorisent la flexion et l’extension.
Muscles
Quelques muscles de l’épaule, comme les muscles trapèze, élévateur de la scapula et rhomboïdes, attachent la scapula et la clavicule au tronc. D’autres muscles attachent la clavicule et la scapula à la partie interne de la partie proximale de l’humérus. Ce sont les muscles grand pectoral, petit pectoral, grand dorsal, grand rond et deltoïde (figure 7.9A,B). Les plus importants de ces muscles sont les muscles de la coiffe des rotateurs – subscapulaire, supraépineux, infraépineux et petit rond – qui unissent la scapula à l’humérus, et assurent la coaptation et les mobilités actives de l’articulation glénohumérale (figure 7.9C).

Figure 7.9 Muscles de l’épaule. A. Épaule postérieure. B. Épaule antérieure. C. Muscles de la coiffe des rotateurs.
Les muscles dans le bras et l’avant-bras sont séparés en compartiments antérieur (fléchisseurs) et postérieur (extenseurs) par les fascias, le squelette et les ligaments (figure 7.10).
Le compartiment antérieur du bras s’étend sur la partie antérieure du bras et est séparé des muscles du compartiment postérieur par l’humérus et des septums intermusculaires médiaux et latéraux. Ces septums intermusculaires sont en continuité avec les fascias profonds qui entourent le bras et s’attachent sur les bords de l’humérus.
Dans l’avant-bras, les compartiments antérieur et postérieur sont séparés par un septum intermusculaire latéral, le radius, l’ulna et par une membrane interosseuse qui joint les bords adjacents du radius et de l’ulna (figure 7.10).
Les muscles se trouvant intégralement dans la main, les « muscles intrinsèques », génèrent des mouvements délicats et indépendants des doigts de la main. Ils modifient les forces produites par les tendons arrivant aux doigts et au pouce à partir de l’avant-bras (les « muscles extrinsèques »»). Parmi les muscles intrinsèques de la main, on trouve les trois petits muscles thénariens qui forment l’éminence thénar, au niveau de la face palmaire du 1er métacarpien. Les muscles thénariens permettent au pouce de se mouvoir de manière relativement indépendante par rapport aux autres doigts.
RAPPORTS AVEC LES AUTRES RÉGIONS
Cou
Le membre supérieur est directement relié au cou et est situé sur chaque côté de l’ouverture thoracique supérieure. On retrouve à la base du cou l’ouverture axillaire, formée par :
le bord latéral de la 1re côte ;
la partie postérieure de la clavicule ;
la partie supérieure de la scapula ;
L’artère principale du membre supérieur et sa veine satellite passent du thorax au membre supérieur en croisant la face supérieure de la 1re côte pour rejoindre l’ouverture axillaire. Les nerfs, qui viennent principalement de la portion cervicale de la moelle spinale, passent aussi à travers l’ouverture axillaire et la fosse axillaire pour atteindre le membre supérieur.
Dos et paroi thoracique
Les muscles qui relient le squelette de l’épaule au tronc sont aussi en relation avec le dos et la paroi thoracique. Ils comprennent les muscles trapèze, élévateur de la scapula, petit rhomboïde, grand rhomboïde et grand dorsal (figure 7.12).
Le sein à la face antérieure de la paroi thoracique a un certain nombre de connexions avec la fosse axillaire et le membre supérieur. Il est situé sur le muscle grand pectoral qui forme la plus grande partie de la paroi antérieure de la fosse axillaire et qui attache l’humérus à la paroi thoracique (figure 7.13). Souvent, une partie du sein connue sous le nom de prolongement axillaire s’étend du bord latéral du grand pectoral à la fosse axillaire.
Le drainage lymphatique des parties supérieure et latérale du sein se fait de manière prédominante au niveau des nœuds lymphatiques axillaires. Plusieurs artères et veines, qui nourrissent ou drainent la glande mammaire, sont aussi tributaires des principaux vaisseaux de la fosse axillaire.
POINTS CLÉS
Innervation par les nerfs cervicaux et thoraciques supérieurs
L’innervation du membre supérieur est assurée par le plexus brachial qui est formé par les rameaux antérieurs des nerfs spinaux cervicaux de C5 à C8 et T1 (figure 7.14). Ce plexus est à son origine formé au niveau du cou puis pénètre par l’ouverture axillaire dans l’aisselle. Les principaux nerfs qui concernent le bras, l’avant-bras et la main naissent du plexus brachial dans la fosse axillaire.
La conséquence de cette distribution est la possibilité de tester les nerfs spinaux cervicaux inférieurs (C5 à C8) ainsi que T1 en examinant les dermatomes, les myotomes et les réflexes tendineux du membre supérieur. Une autre conséquence est que les signes cliniques liés aux nerfs cervicaux inférieurs – douleur, picotements, paresthésies et fibrillations musculaires – surviennent au niveau du membre supérieur.
Les dermatomes du membre supérieur (figure 7.15A) sont souvent testés pour étudier les sensibilités. Les zones où les dermatomes se chevauchent sont réduites correspondent pour :
la région latérosupérieure de l’avant-bras C5 ;
la pulpe du pouce au niveau médullaire C6 ;
la pulpe de l’index au niveau médullaire C7 ;
la pulpe de l’auriculaire au niveau médullaire C8 ;

Figure 7.15 Dermatomes et myotomes du membre supérieur. A. Dermatomes. B. Mouvements produits par les myotomes.
Des mouvements actifs articulaires permettent de tester les myotomes (figure 7.15B) :
l’abduction du bras au niveau de l’articulation glénohumérale est principalement contrôlée par C5 ;
la flexion de l’avant-bras au coude est contrôlée principalement par C6 ;
la flexion du poignet est principalement contrôlée par C7 ;
la flexion des doigts est contrôlée principalement par C8 ;
l’abduction et l’adduction de l’index, du majeur et de l’annulaire sont principalement contrôlées par T1.
Chez un patient inconscient, les fonctions sensitives et motrices de la moelle spinale peuvent être testées par l’étude des réflexes tendineux :
une percussion légère sur le tendon du biceps dans le pli du coude teste principalement la racine C6 ;
une percussion légère sur le tendon du triceps en arrière du coude teste principalement la racine C7.
Le principal niveau médullaire assurant l’innervation du diaphragme, C4, est juste au-dessus des racines destinées au membre supérieur.
L’étude des dermatomes et des myotomes du membre supérieur peut donner d’importantes informations, notamment à propos des problèmes respiratoires qui peuvent survenir comme complication d’un traumatisme de la moelle spinale juste au-dessous du niveau spinal C4.
Chacun des principaux muscles du bras et de l’avant-bras ainsi que les muscles intrinsèques de la main sont innervés de manière prédominante par un des nerfs majeurs provenant du plexus brachial dans la fosse axillaire (figure 7.16A) :
tous les muscles du compartiment antérieur du bras sont innervés par le nerf musculocutané ;
le nerf médian innerve les muscles du compartiment antérieur de l’avant-bras, avec deux exceptions – un fléchisseur du poignet (le muscle fléchisseur ulnaire du carpe) et une partie du fléchisseur des doigts (la partie médiale du fléchisseur profond des doigts), innervés par le nerf ulnaire ;
la plupart des muscles intrinsèques de la main sont innervés par le nerf ulnaire, à l’exception des muscles thénariens et des deux muscles lombricaux latéraux qui sont innervés par le nerf médian ;
tous les muscles des compartiments postérieurs du bras et de l’avant-bras sont innervés par le nerf radial.

Figure 7.16 Nerfs du membre supérieur. A. Principaux nerfs du bras et de l’avant-bras. B. Régions cutanées antérieures et postérieures innervées par les principaux nerfs périphériques du bras et de l’avant-bras.
En plus de l’innervation des groupes musculaires, chaque nerf majeur issu du plexus brachial contient des fibres sensitives qui recueillent des informations somatiques des différents dermatomes (figure 7.16B). Les sensations dans ces régions peuvent être utilisées comme test pour rechercher des lésions nerveuses périphériques :
le nerf musculocutané innerve la peau de la région antérolatérale de l’avant-bras ;
le nerf médian innerve la face palmaire des trois doigts latéraux et la moitié de l’annulaire, et le nerf ulnaire innerve le doigt le plus médial et la moitié médiale de l’annulaire ;
le nerf radial innerve la face postérieure de l’avant-bras et la région dorsolatérale de la main.
Rapports os–nerfs
Trois nerfs importants sont directement en contact avec l’humérus (figure 7.17).
Le nerf axillaire, qui innerve le muscle deltoïde, est un abducteur important de l’humérus au niveau de l’articulation glénohumérale. Il passe autour de la face postérieure du col chirurgical de l’humérus, au niveau de l’humérus proximal.
Le nerf radial innerve tous les extenseurs du membre supérieur et passe obliquement autour de la face postérieure de l’humérus à sa partie moyenne au niveau du sillon du nerf radial.
Le nerf ulnaire, destiné à la main, passe postérieurement au contact d’une protrusion osseuse du coude, l’épicon dyle médial, sur le bord médial de la portion la plus distale de l’humérus.
Les fractures de l’humérus dans une de ces trois régions peuvent entraîner des lésions nerveuses.
Veines superficielles
Les grandes veines localisées dans les fascias superficiels du membre supérieur sont souvent utilisées comme accès vasculaire ou pour prélever du sang chez les patients. Les plus importantes de ces veines sont les veines céphalique, basilique et médiane basilique (figure 7.18).

Figure 7.18 Veines au niveau des fascias superficiels du membre supérieur. L’aire du pli du coude est dessinée en jaune.
Les veines céphalique et basilique sont originaires du réseau veineux dorsal localisé sur la face dorsale de la main.
La veine céphalique, venue de la tabatière anatomique, à la base du poignet, passe latéralement autour de la partie distale de l’avant-bras pour atteindre la face antérolatérale du membre ; elle continue ensuite proximalement, croise le coude et remonte dans le bras jusqu’à une dépression triangulaire – le triangle clavipectoral (triangle deltopectoral) – entre le muscle grand pectoral, le deltoïde et la clavicule. Dans cette dépression, la veine pénètre dans la fosse axillaire en traversant le fascia profond juste sous la clavicule.
La veine basilique prend naissance au bord médial du réseau veineux dorsal de la main et chemine à la partie postéromédiale de l’avant-bras. Ensuite, elle passe à la face antérieure du membre juste en dessous du coude et continue proximalement pour pénétrer le fascia profond à peu près à mi-bras.
Au coude, les veines céphalique et basilique sont connectées par la veine médiane basilique, qui croise le toit du pli du coude.
Orientation du pouce
Le pouce est positionné à angle droit par rapport à l’index, au majeur, à l’annulaire et à l’auriculaire (figure 7.19). Il en résulte que les mouvements du pouce se font à angle droit par rapport aux autres doigts. Par exemple, la flexion du pouce lui permet de croiser la paume ; à l’inverse, l’abduction l’écarte loin des doigts en angle droit par rapport à la paume.
Le fait que le pouce soit à angle droit par rapport à la paume est important, car une légère rotation du 1er métacarpien sur le poignet amène la pulpe du pouce directement en face des autres doigts. Cette opposition du pouce est essentielle pour la fonction normale de la main.
Anatomie régionale
ÉPAULE
L’épaule est la région du membre supérieur attachée au tronc.
Les éléments osseux constitutifs de l’épaule sont :
Les muscles superficiels de l’épaule sont représentés par le trapèze et le deltoïde, qui ensemble forment une chape musculaire qui entoure la partie latérale de l’épaule. Ces muscles relient respectivement la scapula et la clavicule au tronc et au bras.
Squelette
Clavicule
La clavicule est le seul os rattachant le tronc au membre supérieur. C’est un os palpable dans l’intégralité de sa longueur. Il a une forme en S, avec un segment médial à convexité antérieure et un segment latéral à concavité antérieure. La partie acromiale latérale de la clavicule est plate, tandis que la partie sternale médiale est plus volumineuse et a une forme grossièrement quadrangulaire (figure 7.20).
L’extrémité acromiale de la clavicule possède une petite facette ovale pour s’articuler avec une facette identique du bord médial de l’acromion de la scapula.
La partie sternale a une facette articulaire plus large pour s’articuler avec le manubrium sternal et le premier cartilage costal.
La face inférieure du tiers latéral de la clavicule possède une tubérosité bien palpable (le tubercule conoïde) et une saillie rugueuse (la ligne trapézoïde) pour l’insertion de l’important ligament coracoclaviculaire.
De plus, les faces et les bords de la clavicule sont rugueux pour permettre l’insertion des muscles qui joignent la clavicule au tronc, au cou et au membre supérieur. La face supérieure est plus lisse que la face inférieure.
Scapula
La scapula est un grand os plat et triangulaire avec :
trois angles (latéral, supérieur et inférieur) ;
trois bords (supérieur, latéral et médial) ;
deux faces (costale et postérieure) ;
trois processus (l’acromion, l’épine et le processus coracoïde) (figure 7.21).

Figure 7.21 Scapula. A. Vue postérieure d’une scapula droite. B. Vue antérieure de la face postérieure. C. Vue latérale.
L’angle latéral de la scapula présente une cavité peu profonde qui a grossièrement la forme d’une virgule, la cavité glénoïdale, qui s’articule avec la tête de l’humérus et forme l’articulation glénohumérale (figure 7.21B,C).
Le tubercule supraglénoïdal, moins marqué, est localisé à la partie supérieure de la cavité glénoïdale. Sur ce tubercule s’insère le chef long du muscle biceps brachial.
Une épine proéminente sépare la face postérieure de la scapula en deux parties. La supérieure, plus petite, est la fosse supraépineuse , et l’inférieure, plus grande, la fosse infraépineuse (figure 7.21A).
L’acromion est un prolongement antérolatéral de l’épine qui s’étend au-dessus de l’articulation glénohumérale et s’articule par une petite facette ovale à sa partie distale avec la clavicule.
La région entre l’angle latéral de la scapula et l’insertion de l’épine à la face postérieure de la scapula est la grande incisure scapulaire (échancrure spinoglénoïdale).
À l’inverse de la face postérieure, la face costale de la scapula est plate. Elle se caractérise par une concavité (la fosse subscapulaire) peu profonde sur toute son étendue (figure 7.21B). Sur la face costale et sur ses bords s’insèrent des muscles, notamment le muscle subscapulaire. La face costale de la scapula se meut librement sur la paroi thoracique sous-jacente.
Le bord supérieur est marqué à ses extrémités par :
le processus coracoïde , structure en forme de crochet qui se projette en avant et latéralement, et se situe juste en dessous de la partie latérale de la clavicule ;
une petite incisure bien visible, l’incisure suprascapulaire, qui se trouve immédiatement à la partie médiale du processus coracoïde.
L’épine et l’acromion peuvent être facilement palpés chez les patients, de même que la pointe du processus coracoïde, l’angle inférieur et une grande partie du bord médial de la scapula.
Partie proximale de l’humérus
La partie proximale de l’humérus comprend la tête, le col anatomique, le tubercule majeur, le tubercule mineur, le col chirurgical et la partie supérieure de la diaphyse humérale (figure 7.22).
La tête a une forme de demi-sphère qui regarde médialement et légèrement vers le haut, et s’articule avec la cavité glénoïdale de la scapula, de calibre plus réduit.
Le col anatomique, très court, est formé par un rétrécissement juste en arrière de la tête. Il s’étend entre la tête et les tubercules majeur et mineur latéralement, et entre la tête et la diaphyse plus médialement.
Tubercules majeur et mineur
Les tubercules majeur et mineur sont des faces proéminentes au niveau de la partie proximale de l’humérus. Ils sont le siège de l’insertion des quatre muscles de la coiffe des rotateurs de l’articulation glénohumérale.
Le tubercule majeur est latéral. Ses faces postérieure et supérieure présentent trois grandes facettes où s’insèrent les tendons des muscles suivants :
la facette supérieure pour l’insertion du muscle supraépineux ;
la facette moyenne pour l’insertion du muscle infraépineux ;
la facette inférieure pour l’insertion du muscle petit rond.
Le tubercule mineur est antérieur ; sa face est marquée par une grande zone d’insertion destinée au muscle subscapulaire.
Un sillon intertuberculaire profond (sillon bicipital) sépare les tubercules majeur et mineur, et se prolonge en bas sur la partie proximale de la diaphyse humérale (figure 7.22). Le tendon du chef long du biceps brachial passe dans ce sillon.
La lèvre latérale du sillon intertuberculaire se continue en bas par la tubérosité deltoïdienne, en forme de V, sur la face latérale de l’humérus à la moitié de la diaphyse (figure 7.22). Cette zone correspond à l’insertion du muscle deltoïde sur l’humérus.
Col chirurgical
Une des plus importantes structures de l’humérus est le col chirurgical (figure 7.22). Cette région est orientée dans le plan horizontal entre l’expansion proximale de l’humérus (tête, col anatomique et tubercules) et la diaphyse. Le nerf axillaire et l’artère circonflexe humérale postérieure, en passant de la fosse axillaire à la région deltoïdienne, sont situés juste en arrière du col chirurgical. Le col chirurgical est une région plus fragile que la partie plus proximale de l’humérus. C’est un site fréquent de fracture. L’association à des lésions nerveuses (nerf axillaire) et artérielles (artère circonflexe humérale postérieure) est possible.
Articulations
Les trois articulations de l’épaule sont l’articulation sternoclaviculaire, l’articulation acromioclaviculaire et l’articulation glénohumérale.
Les articulations sternoclaviculaire et acromioclaviculaire lient les deux os de la ceinture scapulaire entre eux et au tronc. Les mouvements combinés au niveau de ces deux articulations permettent à la scapula de se mobiliser avec une grande facilité contre la paroi thoracique. Cette possibilité de mouvements augmente de façon substantielle la mobilité du membre supérieur.
L’articulation glénohumérale est l’articulation entre l’humérus du bras et la scapula.
Articulation sternoclaviculaire
L’articulation sternoclaviculaire est située entre la partie proximale de la clavicule et l’incisure claviculaire du manubrium sternal, avec une petite participation du premier cartilage costal (figure 7.23). C’est une articulation synoviale en selle. La cavité articulaire est séparée en deux compartiments par un disque articulaire. L’articulation sternoclaviculaire permet des mouvements de la clavicule principalement dans les plans antéropostérieur et vertical. Des petits mouvements de rotation sont aussi possibles.
L’articulation sternoclaviculaire est entourée d’une capsule qui est renforcée par quatre ligaments :
les ligaments sternoclaviculaires antérieur et postérieur sont localisés respectivement en avant et en arrière de l’articulation ;
le ligament interclaviculaire relie les deux parties proximales des clavicules entre elles et la face supérieure du manubrium sternal ;
le ligament costoclaviculaire , situé latéralement, unit la partie proximale de la clavicule à la première côte et à son cartilage costal.
Traumatismes de la partie proximale de l’humérus
Il est extrêmement rare que des fractures se produisent au niveau du col anatomique de l’humérus à cause de l’obliquité qu’une telle fracture devrait avoir pour traverser la région la plus épaisse de l’os. De façon plus habituelle, les fractures surviennent au niveau du col chirurgical de l’humérus. Le nerf axillaire et l’artère circonflexe humérale postérieure peuvent être endommagés par ce type de fracture ; néanmoins, cette éventualité est rare. Il est important de tester le nerf axillaire avant de réduire une luxation de l’épaule, pour vérifier que le traumatisme initial n’a pas lésé le nerf et s’assurer que le traitement lui-même ne provoque pas un déficit neurologique.
Articulation acromioclaviculaire
L’articulation acromioclaviculaire est une petite articulation synoviale entre une facette ovale sur le bord médial de l’acromion et une facette similaire sur la partie acromiale de la clavicule (figure 7.24). Cette articulation permet des mouvements dans les plans verticaux et antéropostérieurs et quelques petits mouvements de rotation.
L’articulation acromioclaviculaire est entourée par une capsule articulaire et elle est renforcée par :
un petit ligament acromioclaviculaire supérieur sur la face dorsale de l’articulation étendu de la clavicule à l’acromion ;
un ligament coracoclaviculaire plus grand, qui n’est pas directement en relation avec l’articulation, mais qui est un solide ligament accessoire. Il permet à la clavicule de supporter le poids du membre supérieur et de maintenir la position de la clavicule par rapport à l’acromion. Il est situé entre le processus coracoïde de la scapula et la face inférieure de la partie distale de l’acromion. Il comprend un ligament trapézoïde , antérieur, attaché à la ligne trapézoïde de la clavicule, et un ligament conoïde, postérieur, attaché au tubercule conoïde de la clavicule.
Articulation glénohumérale
L’articulation glénohumérale est une articulation synoviale, sphéroïde, entre la tête de l’humérus et la cavité glénoïdale de la scapula (figure 7.25). C’est une articulation multiaxiale qui permet une grande liberté de mouvement, au détriment de la stabilité. La stabilité de cette articulation est assurée par les muscles de la coiffe des rotateurs, le tendon du chef long du muscle biceps brachial, les processus osseux juxta-articulaires et les ligaments extra-articulaires. Les mouvements autorisés sont la flexion, l’extension, l’abduction, l’adduction, la rotation latérale et la rotation médiale.

Figure 7.25 Articulation glénohumérale. A. Face articulaire de l’articulation glénohumérale droite. B. Radiographie normale d’une articulation glénohumérale.
Les surfaces articulaires sont représentées par une grande sphère au niveau de la tête de l’humérus, et une cavité peu profonde et moins étendue pour la face glénoïdale de la scapula (figure 7.25). Ces deux surfaces sont recouvertes de cartilage hyalin.
La membrane synoviale est attachée aux bords des surfaces articulaires et tapisse la face interne du manchon fibreux capsulaire (figure 7.26). Cette membrane synoviale est détendue, relâchée dans sa partie inférieure, de même que la capsule permettant l’abduction du bras sans tension.
La membrane synoviale présente des expansions à travers des orifices de la capsule articulaire pour former des bourses séreuses qui sont situées entre les tendons des muscles environnants et la capsule. La plus importante de ces bourses séreuses est la bourse séreuse du tendon du muscle subscapulaire, qui se situe entre la capsule et le muscle subscapulaire. La membrane synoviale recouvre le tendon du chef long du muscle biceps brachial dans l’articulation. Cette expansion synoviale se prolonge entre les deux tubercules de l’humérus dans le sillon intertuberculaire. Toutes ces structures synoviales réduisent la friction entre les tendons, la capsule et l’os adjacent.
En plus des bourses synoviales qui traversent les orifices de la capsule, on trouve d’autres bourses qui ne sont pas en contact avec l’articulation directement mais proches de celle-ci. Parmi celles-ci, on trouve :
une bourse volumineuse entre l’acromion (ou le muscle deltoïde) et le muscle supraépineux (ou la capsule articulaire) (la bourse subacromiale) ;
une bourse entre l’acromion et la peau ;
une bourse entre le processus coracoïde et la capsule articulaire ;
des bourses en relation avec les tendons des muscles périarticulaires (coracobrachial, grand rond, chef long du triceps brachial et grand dorsal).
La membrane fibreuse de la capsule articulaire s’attache médialement à la périphérie de la cavité glénoïdale, en dehors de l’insertion du labrum, recouvrant l’insertion du tendon du long biceps. Latéralement, la capsule se fixe au niveau du col anatomique de l’humérus (figure 7.27).

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