20: Les demandes de soutien familial

Chapitre 20 Les demandes de soutien familial



L. Schmitt


Les circonstances dans lesquelles une demande de soutien familial est formulée concernent pour l’essentiel des difficultés de couple ou des problèmes de scolarité et de comportement d’enfant. Ils peuvent aussi concerner un traumatisme familial, qu’il s’agisse d’un deuil ou de la découverte d’une maladie sérieuse ou grave. Dans la plupart des cas, la personne qui effectue la demande souffre à titre personnel et cherche à impliquer d’autres membres de la famille ; certains sont d’emblée désignés comme victime, agresseur ou responsable du problème.


Les interventions de soutien vis-à-vis d’une famille qui vont être abordées ici se situent dans un registre spécifique. Ce registre précède des thérapies de couple ou des thérapies de famille structurées. Il peut en être une phase préliminaire et apporter une résolution partielle des difficultés ou un apaisement des souffrances, permettant au système familial de reprendre ses processus habituels de résilience et un fonctionnement moins chaotique. Il peut aussi représenter une initiation qui dédramatise l’abord d’une thérapie plus spécialisée.


Pour ne pas se fourvoyer, deux questions initiales simples serviront de fil rouge à des consultations de soutien.


Quelle est la nature de la demande de soutien familial ? À l’évidence, la nature peut être très différente à l’intérieur d’un couple ou entre des parents et un enfant. Le niveau et la prise de conscience d’un ou de plusieurs problèmes s’avèrent très différents. Cette différence explique les besoins d’un temps de latence, de maturation, entre le moment où une demande d’entretien de famille est effectuée et sa réalisation. Cette latence se compose de résistances, de l’idée que des progrès peuvent être réalisés en dehors d’un tiers, de tentatives de résoudre les difficultés par les mécanismes familiaux habituellement utilisés et devenus inefficaces. Il faut préciser « Qu’est-ce qui est demandé ? » et, parfois de façon plus précise, « Qui demande quoi ? ».


La seconde question concerne le rôle du tiers, le thérapeute de soutien. Ce tiers peut être choisi parce qu’il connaît déjà bien les problèmes familiaux. Cela est le cas du médecin de famille. Il peut être choisi comme médiateur capable d’améliorer la communication des membres de la famille. Il peut être un psychologue si l’on estime que les dysfonctionnements concernent des rôles familiaux, des liens hiérarchiques pathologiques, des triangulations perverses et pathogènes, des secrets familiaux ou des mythes transgénérationnels. Le psychiatre fait l’objet d’une demande lorsqu’un des protagonistes souffre d’une maladie mentale : addiction, trouble de l’humeur, schizophrénie. À la question « Pourquoi a-t-on besoin d’un tiers ? » répondent des explications de premier niveau. Le tiers est neutre ; il autorise des mouvements cathartiques expliquant les difficultés et les conflits, intervient par des mécanismes de copensée, permet de dégager une famille de systèmes de réactions inopérants. Ce tiers devra poser qu’il n’est ni juge ni spectateur. En endossant l’habit du juge, il amplifie des craintes de plusieurs membres d’une famille de se voir décerner un label de mauvais époux, de tyran domestique, d’indifférence affective… simple spectateur, désireux de garder une position de neutralité, il pourrait encourager le maintien d’un statu quo et la poursuite de systèmes de fonctionnement erronés. À rester trop en retrait, il ne mettrait pas l’accent sur les comportements abusifs ou blessants.



Poser un problème dans un système familial


Ce sont ces deux aspects qui définissent le début de la rencontre. Comme on l’a déjà dit, ils répondent à des interrogations du type « Pourquoi nous rencontrons-nous ? » et « Qui est impliqué ? ».



Apr 23, 2017 | Posted by in MÉDECINE COMPLÉMENTAIRE ET PROFESSIONNELLE | Comments Off on 20: Les demandes de soutien familial
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